Les membres fondateurs

Pauline Orain

Pauline Orain

`` Donner la parole aux invisibles ``

Lors de mon parcours universitaire en sociologie, je découvre les méthodologies des sciences humaines et notamment celle du récit de vie, une méthodologie permettant de retracer des parcours et également de valoriser l’expérience de l’interviewé.

L’idée naît alors, de faire de cette parole, à la fois un objet de recherche sociologique mais également un objet artistique. Et, par le biais de l’audiovisuel, de pouvoir la diffuser.

Peu à l’aise avec la caméra, je fais le choix d’aller à la rencontre des gens munie de mon magnétophone et de mon appareil photo.

Une première expérience de documentaire sonore réalisée auprès des habitants d’un quartier populaire de Montpellier confirme ce qu’on peut appeler une vocation.

La prochaine expérimentation est quant à elle menée auprès de mes grands-parents vieillissants. L’idée première est de collecter leurs voix et leur langage, mélange savoureux de français et patois dont les mots me viennent en leur compagnie, mais dont je n’arrive plus à me souvenir une fois sortie de leur domicile. Leur fin de vie approchant, c’est donc une partie de moi, de mon identité qui va elle aussi disparaître.

Lors de ces entretiens, ils témoignent de l’importance d’avoir quelqu’un qui s’intéresse à leur histoire. Ils témoignent aussi de leurs inquiétudes face à leurs vieux jours et leur peur de l’entrée en maison de retraite.

Des moments de confidence qui me poussent à me questionner sur la conservation de la mémoire collective, de ces petites histoires qui composent l’Histoire avec un grand H mais aussi qui m’interrogent sur la vieillesse, son accompagnement et l’univers des EHPAD.

L’apprentissage en autodidacte des outils audiovisuels ainsi que la rencontre avec Jérôme Daëron, alors infirmier en gérontologie, va donner progressivement naissance au projet Nos Mémoires Vives. D’abord en tâtonnant, puis en expérimentant bénévolement à l’échelle de deux établissements, évaluant les bénéfices et les choses à améliorer, ces expériences m’ont convaincu de l’importance d’offrir à une personne âgée un temps d’écoute autour de son histoire de vie et de garder une trace de ses souvenirs.

Jérôme Daëron

Jérôme Daëron

``Connaître la vie de nos aînés pour les accompagner``

Durant ma formation en soins infirmiers je prends conscience de mon intérêt d’être au contact des personnes âgées. En 2007, une fois diplômé, je m’engage dans la gérontologie en forgeant mon expérience au sein de divers établissements et services dédiés aux soins et à l’accompagnement de la personne âgée. En parallèle je participe à des formations universitaires sur le soin aux personnes âgées à l’université de Montpellier.

Pour autant dans ma pratique quotidienne, je m’aperçois que les aspects sociaux et humains de l’individu ne ressortent pas assez. Les différentes prises en charges proposées ont pour principales préoccupations les problèmes de santé. Ainsi je considère de plus en plus l’écoute des histoires et les vies que les personnes âgées me confient comme un appui pour les accompagner.

Désireux d’accorder davantage de temps à l’écoute des histoires de vie, j’explore la technique du récit de vie à travers un premier projet, Objets d’une vie, morceaux choisis, en collaboration avec Pauline Orain. A partir de ce moment, je vois et comprends les bienfaits que cela procure à la personne racontant son histoire, mais aussi les bénéfices que je peux en retirer pour accompagner la personne au plus près de ce qu’elle est.

En 2013, je complète mes savoirs et mes compétences sur l’accompagnement des personnes âgées avec un Master intitulé Action gérontologique et ingénierie sociale sur Aix-Marseille Université. Je continue également à utiliser le procédé du récit de vie pour donner la parole à nos aînés afin qu’ils nous livrent les richesses de leurs expériences passées, mais aussi de leur vie actuelle en EHPAD.

A l’issue de cette année, je deviens ingénieur social et un professionnel de santé ayant pour volonté de donner une même valeur aux conditions médicales et sociales pour la santé. Mon envie est d’apporter un réel accompagnement adapté à l’individu et non seulement une prise en charge de ses problèmes d’ordre physique et psychique. L’histoire de vie des personnes âgées me semble être une clef importante pour rentrer dans un accompagnement personnalisé, au plus près des choix et des envies de la personne.

Depuis j’ai choisi de me lancer au sein de Nos Mémoires vives, pour qu’au-delà de la mémoire, les histoires individuelles puissent exister, être écoutées afin d’animer et assurer la vie de nos aînés.