Cette exposition sonore a été réalisée par les élèves du CAP Agent Accompagnant au Grand Age (AAGA) de l’EREA Jean-Jacques Rousseau de Montpellier.

Ce projet, mené sur deux ans, a été porté par deux professeurs :  Mme Hevin PLP STMS et Mme Borecek PLP BSE depuis l’ébauche jusqu’à la réalisation avec l’assistance de Mme Moutouh DDFPT pour piloter le projet.

Sarah Desteuque a assuré l’accompagnement pour la partie photographie.

Nos Mémoires Vives, l’accompagnement à collecte de témoignages, à l’outillage dans la relation à nos aînés, et la partie montage sonore.

L’exposition en 5 panneaux

Présentation du projet par les élèves

Nous sommes élèves de CAP AAGA (Agent Accompagnant Grand Âge), Nous avons 17 ans et vivons dans l’Hérault. Nous sommes élèves de l’EREA Jean-Jacques Rousseau, à Montpellier. Tout au long de notre formation, nous avons travaillé sur ce projet artistique en lien avec l’EHPAD des Aubes et l’EHPAD de Bélorgeot, à Montpellier. Avec Nos Mémoires Vives, nous avons été initié à la collecte d’histoires de vie, et avec Sarah Desteuque, nous avons commencé à apprendre la photographie.

Plusieurs étapes ont été nécessaires pour nous familiariser avec les résident·es des deux EPHAD. La première rencontre s’est faite lors d’un échange collectif où nous avons chacun partagé des objets personnels qui nous rappelaient un souvenir. Cela nous a permis de créer un premier lien. Puis nous avons marché dans les couloirs des EHPAD, à la rencontre de plusieurs résident·es pour recueillir un souvenir marquant de leur vie et un objet qui leur était précieux. Dans l’intimité de leur chambre, le temps d’une conversation, nous avons écouté ce qu’ils et elles avaient à nous transmettre.

À travers l’image et le son, nous avons ensuite tenté de vous donner à voir – et à entendre – un peu de chaque histoire. Chaque portrait est donc accompagné d’un souvenir raconté, d’un moment passé ensemble, à écouter via des QR codes.

Visite virtuelle de l’exposition sonore (22’30)

Sarah Desteuque,

Photographe

« Nous avons choisi de travailler autour de l’objet. Il peut s’agir d’un objet d’apparence simple, mais chargé de sens : une casquette, une chouette, un coquillage… Ces objets sont des points d’entrée vers l’intime. Et dans l’intimité des chambres, les personnes se sont livrées. L’histoire photographique et sonore est née. Les élèves, curieux, ont posé des questions, pris le temps d’écouter, et réalisé les photographies dans la continuité des échanges et des enregistrements sonore. Parfois en relançant un souvenir, parfois en laissant le silence se poser.

Ce que vous voyez ici, ce sont des personnes qui se racontent.
Ce que vous entendez ici, ce sont des fragments de vie partagés dans un moment de confiance.
Parfois dans un souvenir qui remonte très loin, parfois dans un éclat de rire, parfois dans un silence.
Ce projet parle de mémoire, bien sûr. Mais il parle surtout de lien.
Du lien entre générations. Du lien entre soin et attention.
Du lien entre voir et écouter.
Je vous invite maintenant à entrer dans ces histoires, à travers le regard des élèves.

Et à écouter-voir. »

« Avec Nos Mémoires Vives, nous avons à cœur de donner la parole, d’écouter l’autre et de le connaître à travers le récit de son histoire de vie.

Pour nous cela occasionne une vraie rencontre. Mais qu’est-ce qu’une vraie rencontre ?

C’est un moment où l’on s’intéresse sincèrement à l’autre, où les préjugés et représentations tombent, au bénéfice d’une compréhension mutuelle.
Les élèves ont pris le temps de cette rencontre. Et leurs témoignages montrent les bénéfices qu’ils en tirent.

Dans leurs futures pratiques professionnelles, ils auront peut-être moins de temps mais vivront des interactions quotidiennes avec les résidents, au détour d’un couloir, de la salle de restaurant ou dans leur chambre.

Comment oser briser le silence ?
Comment oser rencontrer l’autre?
Comment faire qu’il reste une personne avant tout ?

Nous espérons au cours de ce projet avec les jeunes et professeurs du CAP AAGA avoir semé des graines pour que ces quelques minutes quotidiennes d’échange permettent une vraie rencontre.

Pour que ces métiers puissent être exercé en toute humanité. »

L’équipe de Nos Mémoires Vives

Les 8 élèves

Alyah

« Faire ce travail avec les personnes âgées m’a permis de confirmer mon choix d’orientation. Grâce à leur contact, j’ai appris à être plus sociable. Ce que j’ai le plus aimé, c’est de discuter avec elles. Ce ne sont pas de « fausses personnes » : elles disent ce qu’elles pensent. Ces échanges m’ont aidée à gagner en maturité et à mieux comprendre les valeurs de la famille. »

Djacim

« Faire ce travail avec les personnes âgées m’a rendu joyeux, car elles sont comme moi : elles portent des appareils dans les oreilles. J’ai aimé découvrir leurs histoires. Cette expérience m’a touché parce que certaines étaient tristes. Un jour, j’aimerais leur apprendre la langue des signes pour exercer leur mémoire et leur permettre de mieux communiquer entre elles. Ce serait le plus beau jour de ma vie ! »

Nour

« Faire ce travail avec les résidents m’a permis de me sentir bien avec les personnes âgées. J’ai pu découvrir ce qu’ils ont vécu dans leur vie. Ce que j’ai préféré, ce sont tous ces moments d’échanges : eux comme moi étions heureux de nous retrouver, et ils m’ont beaucoup fait rire. Grâce à cette expérience, j’ai appris à être plus à l’écoute. »

Adam

« J’ai aimé faire ce travail avec les personnes âgées, car j’ai pu discuter avec elles et découvrir leur époque. Elles m’ont expliqué qu’à mon âge, elles n’avaient ni téléphone ni machine à laver. Je me suis imaginé vivre dans les mêmes conditions qu’elles et, franchement, je me demande comment j’aurais fait ! Cette expérience a vraiment été très enrichissante. »

Adama

« Faire ce travail avec les personnes âgées m’a beaucoup plu. J’ai eu la sensation que les écouter me rendait utile. J’ai appris plein de choses sur la génération d’avant, comme leur mode de vie. Ce que j’ai le plus aimé, c’est passer du temps avec elles et écouter leurs histoires. Cette expérience m’a permis de mieux connaître les personnes âgées et d’acquérir plus d’expérience pour ma formation. »

Mila

« Avoir pu faire ce travail avec les personnes âgées m’a apporté beaucoup de joie en partageant de bons moments avec elles. J’ai appris à prendre des photos et à bien les cadrer. Ce que j’ai le plus aimé, c’est découvrir l’histoire de vie cachée derrière chaque photo. J’ai ainsi appris à mieux les connaître et à mieux les accompagner, en comprenant ce qui leur tenait à cœur. »

Wassil

« Au début, je pensais que c’était juste un travail, mais ça m’a fait réfléchir. J’ai compris que chaque personne a une histoire qu’on ne voit pas au premier regard. J’ai appris à écouter et à être patient. Cette expérience m’a fait grandir et m’a montré que le respect se prouve par les actes. »

Alexia

« Faire ce travail avec les personnes âgées m’a apporté une grande satisfaction et beaucoup d’empathie. Cela m’a permis de mieux comprendre leurs besoins et de me sentir utile en les aidant au quotidien. C’est une expérience enrichissante qui m’a appris la patience, l’écoute attentive et surtout le respect envers les personnes âgées. Cela m’a aussi permis de mieux apprécier les petits moments de la vie. C’était spécial de pouvoir partager des moments, écouter leur histoire et apprendre de leur expérience. C’est une vraie leçon d’humanité. »

Le vernissage

Accueillie par l’équipe de la Maison Pour Tous l’Escoutaïre, l’exposition a été proposée du 12 mai au 30 mai 2026.

Son vernissage a eu lieu le mardi 12 mai en présence de :

  • Mme Annie Benezech, élue Quartiers Prés d’Arènes et Croix d’Argent, représentant le maire de Montpellier
  • M. Arnoux, IEN Sciences Biologiques Sciences Sociales Appliquées
  • M. Roman, Directeur de l’EHPAD des Aubes de Montpellier
  • Mme Hanriot, Directrice de l’EHPAD Bélorgeot de Montpellier
  • Mme Gressier, directrice de l’EREA JJ Rousseau
  • des résidents et des équipes des EHPAD
  • des élèves de l’EREA

Un public fourni, composé de professionnels de la santé, d’élèves et de curieux, était présent pour cette découverte visuelle et sonore.

A l’issue, un temps convivial s’est tenu autour d’un buffet proposé par la section cuisine de l’EREA.